Retraite de Noël au Barroux

Vacances de Noël, 2020, abbaye du Barroux

4 jours intenses de retraites pour faire le point sur sa vie spi et suivre le Christ

 

 Retour sur la retraite au Barroux

 

 

C’est une personne qui ne connaissait ni le chapitre Saint Lazare ni l’abbaye du Barroux, qui arriva ce samedi 19 décembre à 18h00, accueilli par les cloches du magnificat à la fin des Vêpres.

Le ton était donné.

 

J’ai donc été l’un des rares profiteurs du confinement. En effet, c’est par une réunion zoom organisée exceptionnellement en raison des conditions actuelles que je fis connaissance avec le Chapitre. Bien qu’ayant parlé avec certains amis, j’ignorais encore ce qu’il en était. La retraite de Noël organisée du 19 au 23 décembre 2020 m’apporta la réponse.

 

Ce fut une retraite de trois jours complets (arrivés le 19 dans l’après-midi, nous achevâmes le 23 au matin), en l’abbaye sainte Madeleine du Barroux pour les garçons, tandis que les filles étaient chez les moniales. Le thème d’année étant “Je suis la Voie la Vérité et la Vie”, chaque jour était centré sur un passage de cette citation, ce qui permettait une meilleure compréhension du sujet. Ainsi, le premier jour était consacré à “je suis la Voie”, le second à “je suis la Vérité”. Je vous laisse deviner le thème du troisième jour.

Je ne ferai pas une chronologie des événements, car savoir que Georges-Marie est tombé on ne sait comment durant un match de foot n’intéressera pas forcément les lecteurs… Ainsi, mon but premier est de donner mon point de vue quant à la qualité de cette retraite et de son environnement. Pour cela, il me faudra parler du Chapitre et de l’abbaye du Barroux, que j’ai découverts durant ces quelques jours dans le Sud. Or, “lorsqu’on voit quelque chose pour la première fois, on n’y voit que la beauté” (cherchez pas, c’est moi qui l’ai inventée). C’est pourquoi ce rapport sera positif, contrairement à mon habitude, bien que j’aille tenter (ça, c’est du subjonctif, du coup, c’est pas très fréquent. Mais bon, c’est la richesse de notre langue) de vous donner toute la réalité sur ce qu’il s’est passé, du moins chez les garçons.

 

Commençons donc sans plus tarder par la retraite en général, et plus particulièrement le chapitre saint Lazare.

Une découverte :

 

Arrivé un peu en retard, la retraite commençant à 15h30, je ne pus donc faire connaissance initialement que pas le silence. Quelques personnes ne m’étaient pas inconnues, mais c’étaient des rapports assez lointains, il me fallait donc attendre de petites récréations pour faire vraiment connaissance.

Cela se fit vraiment à partir du lundi après-midi. Auparavant, certains étaient venus discutés avec moi, notamment à la vaisselle (un moine était d’ailleurs venu nous dire de nous taire….), mais cela très rapidement, silence oblige (où est censé obliger, comme vous pouvez le constater par l’intervention précédente).

Or, ce lundi 21 décembre fut organisé un foot dans le village du Barroux, en contrebas de l’abbaye. Une occasion d’apprécier l’un des piliers du chapitre : l’amitié.

A ce moment-là, plus de réflexion, plus de débat. Il n’y a plus que le sport et la rivalité entre le chapitre sainte Madeleine et le chapitre saint Lazare (« le chapitronalisme est important, notamment dans le sport » (pareil, c’est de moi)).

Je ne dirai pas tout ce qu’il c’est passé durant ces matchs, je vous laisserai le découvrir lorsque vous viendrez (il vaut mieux…). Néanmoins, nous pouvons dire une chose : ces séances de sport permettront à chacun de se défouler, de s’amuser, de redescendre en enfance, et ainsi d’oublier les soucis de la vie le temps d’un instant.

Car, le but de cette retraite était également de se détacher du monde durant ces quelques jours. Revenons donc à l’abbaye, pour parler du but principal de notre venue au Barroux.

 

Nous reparlerons plus précisément de la prière dans la seconde partie, mais il faut souligner ici un point essentiel :

Qui dit retraite dit isolement. Ainsi, une des premières choses accomplies fut la confiscation des téléphones et l’entrée dans ce qu’on peut appeler le « silence-retraite ».

Le but principal était donc de pouvoir réfléchir tranquillement, au milieu du silence, au cœur de la Provence, sous l’ombre du mont Ventoux, dans un milieu destiné à la méditation. Ainsi, la plupart des retraitants eut la chance d’avoir une cellule pour lui tout seul (je dis « la plupart », car malheureusement, par défauts de place, étant trop nombreux, certains durent dormir en dortoir). Cette cellule fut l’occasion d’étudier tranquillement, de réfléchir à son retour dans la vie quotidienne suite à cette retraite… Tout cela porté notamment pas les nombreux topos auxquels nous avons assistés durant ce séjour, et donc voici le tableau :

Dimanche 20 décembre : je suis la Voie :

  • Jésus, l’unique voie de Salut (Abbé Côme Rabany)
  • Une voie royale : trouver Jésus dans l’instant présent (Père François de Sales)
  • Toute la vérité sur la vocation de l’homme (Abbé Cômé Rabany)

Lundi 21 décembre : Je suis la Vérité

  • Qu’est-ce que la Vérité ? (Père François de Sales)
  • Deux voies excellentes : la vocation religieuse et sacerdotale (Abbé Côme Rabany)
  • Jésus nous donne sa Vie (Abbé Côme Rabany)

Mardi 22 décembre : Je suis la Vie

  • Vivre de la Vie de Jésus (Abbé Côme Rabany)
  • La place de la Vérité dans la vie spirituelle (Père François de Sales)
  • Jésus est la vie éternelle (Père François de Sales) Mercredi 23 décembre, fin de la retraite :

Être apôtre de la Voie de la Vérité et de la Vie (Père François de Sales)

Ce petit rappel, qui est celui des garçons (j’ignore celui des filles) permet ainsi à ceux qui étaient présents de se rappeler de leur programme pour repenser à ce qui a été dit. Quant à ceux qui n’ont pas eu la chance de venir, ce travail a pour but de vous donner l’ensemble de nos topos, afin que vous sachiez ce qui vous attend.

Ces conférences occupèrent donc la majeure partie de notre temps, une manière de découvrir un autre pilier du chapitre : la formation.

Nous devons aussi souligner l’importance du dernier topo. En effet, les différentes conférences que nous avons eu durant cette retraite eurent pour but de nous former, tandis que le dernier topo était vraiment un appel à l’évangélisation, avec de nombreux exemples de saints étant partis en Mission. Sans ce topo, le but principal du Chapitre, l’évangélisation, n’aurait pas été mis en valeur. Ce topo fut une manière de souligner le quatrième pilier du Chapitre Saint Lazare : l’action.

 

Cette retraite fut vraiment l’occasion pour chacun de se reposer, de repenser et d’approfondir sa foi, pour mieux repartir dans le monde en vue de l’évangéliser. Ainsi, chacun des retraitants, non pas dix, mais soixante, put profité de ce moment pour vraiment se détacher des biens de ce monde et revenir à l’Essentiel.

Un cadre propice au recueillement

 

Si vous savez compter, vous remarquez que le dernier pilier cité ci-dessus est le quatrième. Or, je n’en ai cité que trois. Ainsi, il en manque un ! Ce dernier pilier, il est à mettre dans cette seconde partie, consacrée à l’abbaye de Barroux. C’est le pilier le plus important, car sans lui, on ne peut résister face aux tentations du démon. Ce pilier, placé à la deuxième place de ce groupe de quatre, vous l’avez tous deviné, est la prière.

Car, oui, les topos sont nécessaires pour notre formation. Oui, l’amitié est nécessaire pour vivre. Mais, la prière est essentielle pour maintenir ! C’est pourquoi le meilleur lieu pour cette retraite se trouve être une abbaye.

Or, vous connaissez tous l’Histoire du Chapitre ! Vous ne vous étonnerez donc pas que ce fut l’abbaye bénédictine du Barroux, fondée par Dom Gérard en 1970 (un peu de culture ne fait pas de mal), situé, comme nous l’avons dit, à l’ombre du Ventoux.

L’abbaye du Barroux est notamment réputée pour son vin, qui aurait fait un pic de progression depuis cinq ans, d’après une source sûr (un membre du chapitre, excusez du peu!). Mais, le Chapitre Saint Lazare n’avait pas traversé toute la France pour boire du vin. Car, en effet, pour nous catholiques, l’abbaye du Barroux est surtout réputée pour son silence, et son cadre propice au recueillement (et pour nous français, le meilleur vin ne vient pas du sud, mais ça c’est une autre histoire….).

En effet, autour des bâtiments monastiques s’étendent des vignes, parfois stoppées par quelques habitations par-ci par-là. Au loin, on peut apercevoir le château du Barroux… Mais voilà, l’activité parisienne ne s’est point déplacée dans ce coin de la Provence, et seul une départementale située en aval de la colline sur laquelle se situe l’abbaye brise légèrement la quiétude qui règne en ces lieux.

C’est donc un silence extérieur, porté également par le silence intérieur (je parle ici du silence dans l’abbaye, et non encore à l’intérieur de nous-mêmes). En effet, toutes les personnes ayant put aller dans une abbaye peuvent témoigner du silence qui y règne. Cela dépend des abbayes, mais celle du Barroux fait partie de celles qui prônent le silence en priorité.

J’aime souvent utiliser cet exemple, car il me plaît beaucoup : l’abbaye du Barroux a dans ses rangs une vingtaine de prêtres, qui célèbrent tous les jours leur messe. Or, ces messes sont toutes célébrées le matin, vers 7h00, dans l’église. Ce sont donc vingt prêtre différents qui célèbrent sur vingt autels placés côte à côte. Imaginez le bruit ! Et bien, retirez tout de suite cette imagination, car une mouche qui éternue ferait plus de bruit que vingt moines du Barroux qui célèbrent la messe en même temps.

Ce petit exemple permet de voir combien ce silence est important dans l’abbaye du Barroux, silence qui est par ailleurs porteur, c’est pour cela que nous nous réfugions dans une abbaye pour les retraites.

Je ne sais pas si vous avez lu la Force du Silence du Cardinal Robert Sarah.

Personnellement, je ne l’ai lu qu’en partie, lors de mon premier séjour en l’abbaye de Fontgombault (Berry, un peu plus au centre de la France). Mais, cette partie que j’ai lu me permit de faire des oraisons que je n’ai jamais su faire auparavant, sans penser à autre chose qu’à Dieu. C’est pourquoi je peux affirmer que le silence nous pousse à la méditation du mystère divin, et nous plonge dans l’abîme de notre âme. D’ailleurs, on voit bien qu’un homme regardant un match de rugby pensera beaucoup moins à Dieu que lorsqu’il se retrouve devant une lumière rouge, dans l’obscurité d’une abbatiale froide, dans un autre monde pourrait-on dire, qui est en fait celui des moines.

Bon, j’arrête mes descriptions, et je

reviens à la retraite du Chapitre Saint Lazare.

La prière occupa donc une place primordiale dans l’emploi du temps du chapitre : chapelet tous les jours à 14h, Matînes à 3h30, pour ceux qui le souhaitaient, de même que les Laudes à 6h00 et les messes basses à 6h40. Puis, durant toute la journée, certains offices étaient obligatoires, tels que Prime à 8h00, Sexte à 12h15 et Vêpres à 17h30, sans oublier les prières avant les topos, ainsi que les prières personnelles.

Il y eut également une autre prière, prière plus spéciale, plus difficile, dont l’abbé Rabany a justement fait un topo. Il s’agit de l’oraison. Je ne vous parlerai pas de cela, je vous laisse vous reporter sur ce topo ainsi que sur la Force du Silence du cardinal Sarah, bien sûr.

Enfin, la retraite s’acheva par une traditionnelle messe de fin, messe chantée, en compagnie de tout le chapitre.

La prière eut donc une place importante dans la retraite, et permit tout au long de la journée, entre les topos et le goûter, entre le foot et le jardinage (bon, on en a pas fait, mais on était censé le faire…), de penser à ce pour quoi nous sommes là : retrouver Dieu, ou plutôt, mieux le connaître, et ainsi être fidèle à l’un des piliers de notre Chapitre, comme nous l’avons dit, la formation.

Enfin, il me faut parler des moines du Barroux, car ce sont eux qui nous donnent la possibilité d’avoir accès à ce cadre propice au recueillement et au discernement.

Je ne connaissais que l’Abbaye de Fontgombault, car elle est bien plus proche de chez moi. Or, il y a une grande différence entre cette abbaye et celle du Barroux : alors qu’il faut aller chercher les moines pour leur parler à Fontgombault, ce sont les moines eux-mêmes qui viennent nous parler au Barroux. Ces deux manières de vivre ont toutes deux leur charme, néanmoins, des jeunes peuvent être profondément touchés par cette importance qu’il leur est donnée par les moines, comme ça a été le cas pour moi.

A la fin de la retraite, nous l’avons dit, il y avait donc une messe, célébrée par l’aumônier du chapitre, le père François de Salles, et chantée par la chorale du chapitre saint Lazare. Il fallait donc auparavant s’entraîner, notamment pour le kyriale. Or, pour cela, un moine expert en chant vint nous aider, sans d’autres buts que de nous donner son temps pour que les chants de cette messe soit beau. Il ne venait pas à la messe avec nous, il nous aidait juste, pour qu’après, nous fassions quelque chose de beau. C’est ce que j’appelle le « travail de l’ombre », qui consiste à tout faire pour qu’une chose soit belle, mais sans en tirer les honneurs, en les laissant à d’autres.

Les honneurs, nous ne les avons peut-être pas eu (le kyriale eut quelques petits soucis durant la messe), mais ce moine restera toujours comme un homme qui a cherché à nous aider à faire une chose belle, en n’attendant rien au retour.

Il faut également adressé un hommage au père François de Salles, ainsi qu’à tous les autres moines de la communauté, mais lui en particulier. Qui sommes-nous par rapport à ces hommes qui se lèvent à 3h du matin pour chanter, qui s’occupent de toutes les tâches ménagères, qui travaillent à longueur de journée, que ce soit manuellement ou intellectuellement, qui prient pour tous les hommes, alors que la majorité ne pensent pas à eux ? On ne peut pas dire que nous ne sommes rien, car ce serait, non humble, mais hypocrite, mais nous sommes moindre, par rapport à eux.

Et pourtant, nous avons du prix à leurs yeux. Ils nous accordent du temps, temps qu’ils pourraient accorder pour des actions bien plus bénéfiques à leur vie personnelle. Ils nous donnent leur temps, comme ce moine dont nous avons parlé pour le chant, comme ces moines qui nous servent durant le repas, comme le père François de Salles qui donnent son temps pour des topos, des entretiens. Bien sûr, c’est leur vocation, et ils obéissent aux ordres de leur supérieur en faisant cela, mais ils le font sans problème, avec joie. Nous sommes beaucoup pour eux, alors qu’ils pourraient très bien vivre sans nous. Et cela, un jeune peut, doit en être marqué. « A nous dépenser sans attendre d’autres récompenses que celle de savoir que nous faisons votre sainte volonté ».

 

Cette retraite permit alors de développer tout ce que le Chapitre saint Lazare souhaite que l’on développe : l’amitié par les jeux, les services, la prière, par le cadre qui nous a été donné, la formation, par les nombreux topos, et l’appel à l’action.

Vous le remarquez tout de même, ce dernier pilier n’est pas vraiment mis en pratique durant cette retraite. Ce n’est que du théorique, à nous de le mettre en œuvre lors de notre retour à la vie séculaire (pour les incultes, « siècle » signifie « monde »). Cette retraite a pour but de nous affirmer dans notre foi, pour que l’on puisse répandre cette fois dans le monde.

 

Ut cognoscant te, pour qu’ils te connaissent, va transmettre ce que tu as appris. Soit un apôtre, un évangélisateur, et ainsi, les quatre piliers du chapitre seront accomplis.